Transcription
1Monsieur, jey resceu votre pacquet avec les lettres
2de nos maiestez et de monsieur le duc dedans et
3vous anvoie ung double de celle de sa maiesté et vous
4supplie luy fère tenyr sa responce laquelle
5me samble luy debvoyr fère attendant les
6commandementz et voulonté de monsieur le mareschal
7Danville auquel jey aussi tost despesché les
8mesmes lettres sans luy en vouloyr anvoier ung
9double. Ce pandant il se fet destranges discours
10et bruytz lesquelz je tiens pour mal certains
11jusquez que nous i voyons le jour plus
12cler, et mesmes larrivée de monsieur d’Eveines,
13nous faisant le bruyt questoit par la
14lettre que le roy vous escrivoyt delaquelle
15jay veu le double vous tient en grand peyne
16et fera jusques que nous voions ce qu’il
17en sera. Je scay aussi par vous lettres que les
18ennemis [ajouté : que sont desa] vous sont toutz sus les bras et
19vous ont sezi des plasses. Je vous puis
20asseurer que si javès lautoritté que le roy
21voullit et le moien en cest estat, que pour
22les vous eslargir ou leur nuyre comme lon
23debvoit, je les irès chattouller dessa et si près
24que je les dyvertirez peult estre ou pour le
25moins je les vous mènes pour vous renforcer
26et de bon cueur. Je dis daussi bon que je vous
27y offre et que je puis pour le servise du roy,
28de notre pattrie et pour votre particulier ; et si nous
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30allions toutz de ce pied, les ennemis ne pyaffer[oient]
31comme ilz font auiourduy dessa demein { ?…
32]prenes en sa bonne voulonté ; et ne pouvant [myeux]
33fère, je viens de persuader à messieurs les cardin[aux]
34d’Armagnac et de Villeclere dapproché touttes leurs
35forces à Vaulrias pour mestre Nyons en [ ?...]
36et tout ce [ajouté : qui] si est peu fère est quilz anvoient
37la cavallerie audit Vaulrias ou aux anvirons
38que sont cent cinquante chevaulx, ancore
39retiennent ilz une partie près de Menerbe.
40Si je puis servir estant par dessa en quelque
41chose, croiés que je ne my espargnerey ; et pour
42fin, je vous supplie nous fere antandre de vos
43nouvelles estant en peine de ce quon m[a dit]
44pour monsieur d’Ourches blessé, de quoy je serey estre[mement]
45marry et en serey en peine jusques que [le sache].
46Et me recommandant humblement à votre [bonne]
47grace, je prie à Dieu vous donner monsieur [ce que]
48desirés. D’Ers, ce XVI de mars 1574
49Sil vous plest commander que se paquet soyt rendu
50à Vinay ou à Grenoble, vous ferez beaucoup pour m[oy]
51car lon y poursuyt fort contre nous. Je men remetz au
52libre jugement de messieurs.
53Votre plus affectionné et
54obeissant Suze
55Je supplie monsieur d’Eveines m’excuser si ne luy feis responce
56lui offrant tout ce quest à mon pouvoir et luy besant les mains
